Les portes de l’écurie sont grand ouvert. A l’intérieur du bâtiment la quatre chevaux est à l’ombre et sur le siège avant, un plaid bien plié. C’est celui que ma grand-mère utilise quand elle part en voyage, au moins… à 20, 30 kilomètres d’ici…! Elle le déplie et le pose sur ses jambes. Ainsi parée à toute éventualité elle peut indiquer à Kléber les feux rouges, les possibilités de dépassement, les priorités et autres difficultés de conduite. En fait il n’y a que le volant qu’elle ne tient pas; elle est toujours passagère et… maître à bord.
Archives pour janvier 2008
La curée
24 janvier 2008La petite fille aux parapluies
17 janvier 2008Le ciel est bas et lourd de pluies. Dans le campement quelques portes de caravanes s’ouvrent sur le luxe et la misère attachés l’un à l’autre comme deux ivrognes que rien ne peut séparer. Un énorme téléviseur à écran plat repose sur une méchante caisse de bois mal équarri qui lui tient lieu de table. Dans une petite roulotte au fond, un chromos de madone dorée s’appuie au-dessus d’un christ, très beau, visiblement du seizième siècle et que les criailleries ne semblent pas perturber.
Babyfoot
11 janvier 2008Le plus petit a le menton à la hauteur des tiges par lesquelles on commande les joueurs et les autres ne sont pas beaucoup plus grands; trois garçons et une fille aux cheveux courts, comme mangés par les mites, le nez plein de taches de rousseur. Dans ce petit café – l’unique – de campagne, les habitués ont l’air d’attendre sans en avoir l’air un improbable événement.
L’ombre de l’absence
3 janvier 2008Voilà. Il est parti. Sur le mur de la chambre son ombre est dessinée d’un trait si léger qu’elle tremble encore du mouvement de son départ. Il s’est juste levé, simplement, dans le silence. Le temps des baisers était achevé. Alors qu’il la prenait dans un dernier regard elle s’est approchée, elle a tracé sa silhouette d’un large geste, effleurant à peine la couleur ocre de la cloison. Par trois fois le crayon a crissé, là juste derrière le cou, puis une fois encore pour la bouche et sur le pied gauche déjà avancé vers la porte. Il faut maintenant donner matière à ce corps, le remplir de vie, lui qui vibre encore de la vie qui vient de partir.