Au milieu de la pelouse qui occupe presque une moitié du jardin, l’acacia tremble de toutes ses feuilles, faisant frissonner l’ombre douce qu’il projette sur l’herbe. Sous l’arbre, l’enfant a installé tout un fatras de tissus, gamelles, dînettes et même un petit lit de bois jaune dans lequel repose une poupée. C’est une de ces poupées raides qui hésitent entre le nourrisson et l’adulte, parodie touchante d’un monde incertain pour lequel il faut de gros élastiques enserrant des tailles à peine esquissées qui surplombent des jambes totalement développées. La tête est marquée du même paradoxe : fossettes de bébé et bouche pulpeuse de séductrice.
Archives pour décembre 2007
La poupée
20 décembre 2007L’enfant et le violoniste
13 décembre 2007Ce matin les géraniums au bord des fenêtres ont l’air frileux de ceux qui se sont trompés de saison, il y a dans le ciel une blancheur de neige précoce. Un enfant écrase son nez derrière une vitre et ses yeux s’ennuient en parcourant la rue vide. Il serre dans sa main une poignée de pièces jaunes, 24 pièces de 5 et 10 centimes; exactement; il le sait, il les a déjà comptées, trois fois! Il a même fait d’autres tentatives mais à partir de douze il a toujours quelques problèmes alors il s’en tient au premier nombre trouvé: 24 c’est rond, c’est joli à écrire…
Le chant des sables
6 décembre 2007Pas âme qui vive et qui meurt alentour, pas un soupçon de présence si ce n’est celle de quelques silhouettes rampantes se faufilant aux sommets de crêtes qui plongent en des ravins obscurs. Peut-être faudrait-il leur reconnaître un peu d’humanité en ce paysage déserté qui se laisse aller aux érosions les plus sauvages, ancien Eole qui hurle ou eaux ruisselantes et sournoises attaquant les grands plateaux qui s’éboulent par pans entiers dans un nuage silencieux de sable.